Daryl Guignion

Itinéraire de Daryl Guignion

Daryl Guignion s’identifie fortement avec le monde naturel, et pour cause. Il a grandi en région sauvage, dans la zone où se trouve maintenant le Parc national Forillon, au Québec, dans un foyer sans eau courante, électricité ou plomberie. Sa famille était très pauvre. Il a donc passé la majorité de son enfance dans la forêt, près des rivières et des plages. Professeur à l’Université de l’Î.-P.-É. pendant 40 ans et participant à de nombreuses organisations comme la Fédération canadienne de la faune et la Island Nature Trust (dont il est membre fondateur), Daryl a passé sa vie adulte entière à sensibiliser les jeunes à l’environnement et à tenter de protéger ce qu’il reste des régions sauvages de l’Î.-P.-É. 

Rivière Morell – J’ai parcouru de nombreuses rivières à la marche ou à la rame d’un bout à l’autre de l’Île. Je continue de tenter de multiplier la diversité des espèces de la faune sur notre île densément peuplée et je m’intéresse particulièrement au saumon de l’Atlantique. L’Est de l’Î.-P.-É., la rivière Morell en particulier, est un endroit tout à fait merveilleux pour passer du temps en nature en raison des milieux plutôt intacts. La rivière Morell est la rivière à saumon la plus populaire de la province. Elle a longtemps été réapprovisionnée en saumons, mais elle compte tout de même une population autosuffisante à laquelle s’ajoutent les saumoneaux de la station piscicole Abegweit Biodiversity Enhancement Hatchery. Le saumon de l’Atlantique (Plamu en langue micmaque) est une ressource essentielle à la culture et au patrimoine de nos Premières Nations.

La rivière Morell se veut aussi l’une des destinations de pêche à la truite les plus prisées de l’Île, tout particulièrement ce qu’on appelle la « truite de mer ». Or, c’est en plus une rivière à faible courant, idéale pour les excursions familiales en canot en milieu sauvage. Je suis membre fondateur du comité directeur de l’utilisation des terres longeant la rivière Morell, qui a été mis sur pied au début des années 1970. Lorsqu’une section de rivière vierge a été destinée à un aménagement pour chalets, un petit groupe de citoyens préoccupés a résolu de faire pression sur le gouvernement pour qu’il établisse une ceinture verte protégée. Grâce au soutien d’une majorité de propriétaires fonciers le long de la rivière et à la volonté indéfectible du ministre de l’Environnement de l’époque (feu Gilbert Clements), une zone de conservation a été établie et a servi de modèle pour d’autres organisations de protection des bassins versants de l’Î.-P.-É. Une bande de 60 mètres de part et d’autre de la rivière est maintenant protégée; y est interdit tout aménagement, quel qu’en soit le type (abattage d’arbres, aménagement de sentiers, ensemble résidentiel, etc.). Il s’agit à ce jour encore de la seule ceinture verte protégée de l’Île. Dans une province densément peuplée comme l’Î.-P.-É., les milieux naturels vierges se font rares. Il suffit cependant de se laisser dériver sur la rivière Morell en canot pour avoir l’impression d’avoir pénétré un milieu sauvage. J’ai déjà admiré un aigle à tête blanche tenter en vain de ramasser un gros saumon pendant le frai automnal sur la rivière Morell. Il m’est déjà arrivé de pêcher seul dans une zone isolée de la rivière et de me retrouver entouré d’une meute de coyotes qui semblaient, à mes yeux, beaucoup trop proches. Lors d’une autre sortie de pêche, j’ai été suivi par une chouette rayée, flottant d’un arbre à l’autre, curieuse de découvrir ce que je faisais. Chaque jour sur la rivière Morell est complètement unique.

Greenwich – Au début des années 1970, un des nombreux projets auxquels je participais à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard comportait une analyse des grandes zones naturelles de l’Île, notamment les forêts, les terres humides et les écosystèmes de dunes. Il est vite devenu évident qu’il fallait accorder la priorité à l’écosystème de dunes de Greenwich – avec ses dunes mouvantes inhabituelles, ses signes d’échec de tentatives de limiter les mouvements de sable vers l’intérieur, sa densité élevée d’espèces d’oiseaux et de mammifères qui fréquentent l’écosystème de dunes au cours de l’année et sa diversité de forêts, d’étangs, de terres humides et de plages se trouvant ici et là dans le secteur. Les écosystèmes de dunes sont caractérisés par la diversité des plantes et des animaux qui y habitent ainsi que par le fait qu’ils protègent le littoral des ravages des tempêtes. Comme en attestent les milliers de résidents et de touristes qui visitent le site chaque année, la plage de Greenwich est sans pareille. Nombre de particuliers et d’organismes ont multiplié les efforts pour protéger les dunes de Greenwich contre les projets d’aménagement et j’avoue être particulièrement fier de l’issue. Ce magnifique écosystème unique en son genre étant maintenant inclus dans le réseau de parcs nationaux, les insulaires comme les visiteurs n’ont rien à craindre : ils pourront continuer de profiter de ce merveilleux coin de l’Î.-P.-É.

Étang Pisquid – Pendant mes premières recherches à l’Île, j’ai accepté un défi, celui d’analyser les populations de gibiers d’eau sur diverses terres humides. Il m’a fallu peu de temps pour comprendre à quel point l’étang Pisquid est particulier. Cette terre humide de 100 acres, située près du cours supérieur de la rivière Morell, comporte un excellent mélange de boisés, de végétation marécageuse et d’eau. On trouve des sabots de la Vierge et des fleurs de mai dans les boisés de la région tous les printemps. L’étang est recouvert de riz sauvage, que récoltent les propriétaires. C’est d’ailleurs ce qui en fait un habitat des plus intéressants pour nombre d’espèces sauvages, qu’elles soient résidentes ou migratrices. En accostant mon canot dans les quenouilles bien avant l’aube, je suis parvenu à entendre le chant de l’étang au réveil. La symphonie des nombreux oiseaux dans les boisés et les terres humides m’a laissé bouche bée. Perché dans une cache, dans un arbre, à environ un mètre d’un nid de mésanges, j’ai su apprécier à sa juste valeur la diversité des espèces sauvages qui vivaient autour de moi. Ce fut aussi le premier endroit où j’ai aperçu des nids flottants de grèbes à bec bigarré. Autre caractéristique non négligeable de l’étang Pisquid : la grande profondeur de ses sources naturelles. Dans notre étude de l’étang par hélicoptère, j’ai vu depuis les airs d’énormes ombles de fontaine disparaître dans les profondeurs des vastes sources. Lorsque le canot quitte l’eau peu profonde recouverte de riz et dérive vers ces sources sombres qui semblent n’avoir aucun fond, d’instinct, on agrippe sa rame un peu plus fort.

  • Type: Eco-Itineraries
  • Contacter: Daryl Guignion

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