Sous le charme du bassin Three Rivers – La région de Roma est une collection de trésors

Texte : Shelley Cameron-McCarron

Un dimanche matin, sous un soleil éblouissant, Perry Gotell promène son chien Rudy sur le quai des pêcheurs de Georgetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, peu avant 9 h. Il s’arrête pour examiner un bateau de pêche au homard de 45 pieds. C’est alors que mon mari me pousse à l’interroger.

« Vas-y, me dit David. Pourquoi tu ne lui demandes pas? C’est le propriétaire du bateau. »

Quelques instants plus tôt, alors que les cris des mouettes retentissaient dans l’air matinal et que mes filles gambadaient sur la promenade de bois de ce quai aux eaux profondes, je prenais frénétiquement en note ce que disait un panneau en bois vantant l’expérience en mer la plus fascinante que vous ayez jamais connue.

Sous la direction d’un pêcheur de homards de troisième génération — M. Gotell lui-même, en l’occurrence —, l’entreprise Tranquility Cove Adventures (A sur la carte ci-dessous) propose d’authentiques expéditions de pêche au homard pendant la saison, ainsi que la seule et unique aventure de récolte de mactres géantes d’Amérique de l’Île-du-Prince-Édouard, lors de laquelle les participants se revêtent d’une combinaison étanche et creusent la plage d’une île inhabitée pour y récolter des mactres, puis font la cuisson de leur récolte, battent la grève pour ramasser du verre de mer, vont nager, attrapent des maquereaux et remontent un piège à homards et un piège à crabes à la surface.

« C’est nouveau cette année, déclare M. Gotell. Je voulais faire quelque chose de différent. Jusqu’à présent, tout le monde adore cette aventure. »

Difficile de ne pas voir pourquoi. Ce pêcheur à la voix douce ne s’empresse aucunement de se débarrasser des cinq visiteurs venus d’ailleurs que nous sommes — et c’est un trait de caractère que nous retrouverons régulièrement dans la région Three Rivers – Roma de l’Île-du-Prince-Édouard, qui est une bande de terre spectaculaire de 27 km lovée le long de la rive est de la province, de Murray Harbour North à Cardigan. La région est facile d’accès depuis le centre urbain de Charlottetown et se situe à moins de 20 minutes du traversier de Wood Islands.

« Les trois rivières du patrimoine du Canada (B) forment le cœur historique de la région Three Rivers – Roma, nous explique-t-il en pointant du doigt la carte sur le quai. La rivière Brudenell court au milieu. La rivière Cardigan est au nord et la rivière Montague est au sud. Elles se rejoignent à Cardigan Bay. »

C’est à l’endroit où deux de ces trois rivières se rencontrent (la Montague et la Cardigan), avec vue sur le port de Georgetown (C), que nous trouvons Roma (D), site d’un des tout premiers établissements de colons français à l’Île-du-Prince-Édouard. Le marchand Jean-Pierre Roma s’établit en effet sur la pointe en 1732, avec le rêve de bâtir un centre de commerce international. Cette entreprise commerciale du début de la colonisation est aujourd’hui un lieu historique national, avec des édifices typiques du XVIIe siècle, un jardin du patrimoine et neuf kilomètres de sentiers forestiers. Des guides en costume d’époque expliquent la vie de l’époque.

La Montague, qui est en réalité un estuaire, la Brudenell et la Cardigan serpentent à travers des villes, des villages et des communautés du comté de King’s et se déversent dans Cardigan Bay. Les eaux de ces rivières continuent de s’écouler comme elles l’ont fait pendant des siècles, le long de fermes, d’établissements de pêche et de chantiers navals, reliant tous ceux et toutes celles qui vivent le long de leurs rives. Heureusement, sa beauté naturelle est toujours intacte.

Les endroits intéressants mentionnés dans le texte sont affichés sur les deux cartes ci-dessous.

Dès que j’ai vu cette région pour la première fois, j’ai décidé de l’explorer davantage.

La région est parsemée de villages de pêcheurs où les touristes peuvent s’asseoir pour observer les allées et venues des bateaux de pêche au homard et les gens qui récoltent des moules ou pêchent à la mouche. On y trouve des plages tranquilles où l’on peut rester assis pendant des heures sans être dérangé, des sentiers de randonnée à pied ou à vélo et tout un éventail de lieux historiques et culturels, de terrains de golf, d’activités de navigation, d’observation des phoques, d’ateliers d’artisanat, de magasins d’antiquités et surtout, un choix d’excellents restaurants dans des endroits surprenants.

À notre arrivée à la ville de Montague (E), bourgade accueillante et principal centre de services pour la région, nous avons vu des centaines de personnes rassemblées le long de la marina (F) pour regarder une course de canards en plastique, tandis que les arbitres s’affairaient pour juger les participants à une compétition culinaire de chili.

La marina est l’attraction centrale incontestée de la ville. Les bateaux de pêche et de plaisance accostent sur la rivière large et paisible. On trouve sur la rive un belvédère et une ancienne gare ferroviaire où se trouve aujourd’hui un centre d’accueil pour les touristes, un magasin de souvenirs, un marchand de glaces, des toilettes et le guichet pour acheter des billets pour la croisière Manada (G), activité populaire avec narrateur en chair et en os qui prend son départ à la marina et effectue un périple de huit kilomètres en aval pour arriver à St Andrew’s Point et observer une colonie de phoques. C’est aussi un point de départ populaire pour les randonnées à pied et à vélo sur le Sentier de la Confédération.

Aujourd’hui, il y a une célébration communautaire et, pendant que mes filles vont faire une promenade en poney et se faire peindre le visage avec leur père, je m’esquive pour aller découvrir le reste de la ville.

Je traverse la rue pour visiter Belle’s Boutique, magasin indépendant et sophistiqué de vêtements pour femme, puis je remonte la colline pour atteindre le musée Garden of the Gulf (H), tout premier musée de l’Île-du-Prince-Édouard, qui se situe dans une splendide demeure historique en grès avec vue sur la marina.

Pour les repas, Montague offre l’établissement Gillis Drive-In (I), ravissant petit restaurant à l’ancienne, et les touristes aiment aussi beaucoup le restaurant Windows on the Water (J), qui se situe au centre-ville avec vue sur la marina. À la boulangerie MacDonald’s (K), bourdonnante d’activité, nous avons trouvé les meilleurs beignets à la noix de coco que nous ayons jamais dégustés.

Les habitants qui connaissent les bons coins disent que le Montague Superstore (L) a un excellent rayon de produits de la mer pour ceux qui souhaitent préparer leur propre repas.

Les adeptes du homard peuvent aussi faire le trajet pour se rendre à Cardigan, à proximité, où se trouve l’établissement Cardigan Lobster Suppers (M). Cet établissement d’un siècle comprend un pub et le restaurant sert les soupers au homard dans sa nouvelle salle à manger et sur les deux terrasses en plein air avec vue sur la marina (N).

Au coin de la rue, on trouve le Cape Light Restaurant and Pub (A), qui propose un restaurant gastronomique, un pub pour la détente et une terrasse en plein air, le tout avec des vues splendides sur la rivière du patrimoine Cardigan. Les clients peuvent commander un plat de flétan dans sa croûte de crabe, un filet de porc avec chutney de pommes et purée de pommes de terre à l’ail, tandis que les enfants peuvent déguster des assiettes de légumes et de macaronis au fromage.

Pour la digestion, faites un tour au magasin d’artisanat et salon de thé de Cardigan (B), qui se trouve dans l’ancienne gare ferroviaire restaurée, ainsi qu’à la plus petite bibliothèque du Canada, sur le front de mer.

À l’automne le service Richard MacPhee’s U-Pick (C) à la sortie du village permet de récolter soi-même des pommes croquantes à un prix imbattable : 50 sous la livre! Les gens aiment aussi beaucoup aller cueillir des pommes sur les pommiers à Haneveld’s Maple Farm (D), à Lower Montague, qui est une autre destination populaire pour les adeptes de la cueillette.

À Georgetown, Dawn Sadoway et Joel Short, qui ont récemment immigré de l’Alberta, font un travail merveilleux dans l’ambiance intime de la salle à manger de 25 places de l’établissement historique Georgetown Inn (E), construit en 1840 pour servir à l’origine de demeure et de magasin.

Joel est le chef cuisinier. Il se sert d’ingrédients locaux et sort régulièrement de sa cuisine pour venir bavarder avec les clients. Le vendredi et le samedi soir, l’établissement propose un spectacle de musique pendant le souper, qui crée une ambiance chaleureuse. La salle est occupée par un piano à queue et des bougies qui scintillent.

À quelques encablures, vous trouverez le Clam Diggers Beach House Restaurant (F), situé dans une réplique de l’ancienne gare ferroviaire à Veterans Landing (G), qui propose des plats de fruits de mer faisant partie de ce que l’île a de meilleur à offrir, ainsi qu’un brunch le dimanche à vous faire pâlir d’envie et de spectaculaires couchers de soleil sur sa terrasse de 1800 pieds carrés. Les clients ont même la possibilité de cuire eux-mêmes les produits de la mer sur la terrasse, avec les ustensiles nécessaires.

N’oubliez pas d’apporter des chaussures de marche. La ville de Georgetown est faite pour les promeneurs.

« C’est la dernière des villes à avoir gardé ses rues d’origine, avec un square au centre, l’ancien style victorien avec ses jardins (H), un tribunal et des églises autour du square », déclare Peter Llewellyn, artiste, homme d’affaires, ancien maire et figure marquante de la ville.

Le théâtre de la ville, appelé The Kings Playhouse (I), est le plus ancien établissement au Canada. Y ont joué des artistes tels que Mary Pickford, Harry Houdini et Donald Sutherland. On peut rejoindre le Sentier de la Confédération dans la ville même et la promenade de bois, le pavillon de musique, les belvédères écologiques et le terrain de jeu pour les enfants sont tous neufs.

À quelques minutes à peine (quatre, pour être exact), vous trouverez l’établissement Rodd Brudenell River Resort (J) et le parc provincial de la rivière Brudenell (K). Vous parcourrez une gracieuse allée bordée d’arbres pour arriver à un endroit merveilleux avec une plage et des promenades en forêt à Brudenell Stables (L), un terrain pour les campeurs et les véhicules de plaisance, une marina, un parc et une plage de jour, la Rodd Brudenell Resort et les fameux terrains de golf de Dundarave (M) et de Brudenell (N), deux terrains de championnat de 18 trous le long de la rivière Brudenell.

C’est un secteur impressionnant avec ses courts de tennis et ses chalets le long de l’eau, où les chevaux broutent paisiblement au bord de la rivière scintillante. Si vous louez un kayak ou un canot, vous aurez une vue entièrement différente des rivières du patrimoine.

Pour l’essentiel, nous suivons les routes, qui serpentent entre les rivières et des paysages de campagne paisibles et soignés. On peut faire des escapades pour découvrir des baies tranquilles, des plages avec des dunes et des scènes dignes d’une carte postale, par exemple le chemin de Lower Montague qui mène à St Andrew’s Point (O) et débouche sur un joli parc de jour, très prisé des cyclistes, à proximité d’un cimetière de pionniers.

Tandis que ma fille et moi marchons le long de la rive à la plage de Panmure Island (P), j’ai dans ma tête le refrain : « I’ve got a peaceful, easy feeling… » Nous sortons tout juste du phare de 1853, qui est le plus ancien phare en bois de l’Île-du-Prince-Édouard (Q), où rodait un chat tandis que quatre chevaux broutaient paisiblement dans le soleil matinal.

Et maintenant, la mélodie entêtante de l’eau qui clapote sur la rive et la brise qui frémit captivent mon enfant, qui s’exclame : « Oh, c’est si beau! » Elle se penche et plonge la main dans les grains de sable luisant. « C’est si doux, si chaud et si soyeux », dit-elle en caressant le sable.

Je lui demande : « Pourquoi penses-tu que les gens devraient venir ici? »

Elle me répond : « Parce qu’ils ont de belles plages! » Puis elle se tourne pour ranger le petit flacon de sable qu’elle a ramassé sur la plage de Panmure dans sa collection de trésors.

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