Texte : John et Sandra Nowlan
Photos : John et Sandra Nowlan

Notre voyageuse de l’Ontario était ravie. « L’Île-du-Prince-Édouard est un merveilleux endroit à visiter », a déclaré Sue Fisher, de London, quand qu’elle s’est jointe à nous pour admirer le phare historique de Cape Bear (A sur la carte ci-dessous) près de Murray Harbour. « Mais je préfère vraiment cette pointe est de l’île à la partie centrale, dont on parle plus souvent. La région est un peu plus sauvage, l’itinéraire touristique vous amène bien plus près de la côte, les plages sont merveilleuses et je trouve les gens exceptionnellement sympathiques. »

Elle n’est pas la seule. Bon nombre des voyageurs qui visitent l’île font la découverte des charmes bien particuliers du coin sud-est de la plus petite province du Canada. Le trajet de 75 km entre Wood Islands et Murray Harbour North est une expérience très gratifiante pour toute personne cherchant à vivre des vacances détendues et relaxantes à l’Île-du-Prince-Édouard dans un secteur d’une beauté naturelle frappante, avec des falaises de grès spectaculaires, de nombreuses plages de sable blanc et rouge et un mode de vie rural qui met l’accent sur l’amitié et l’hospitalité.

{Vous trouverez au bas de la page une carte indiquant les endroits intéressants mentionnés par John et Sandra. Vous pouvez cliquer sur chaque endroit sur la carte pour obtenir de plus amples détails sur l’attraction.}

Bev Stewart est surveillante au phare de Wood Islands (B), qui est la première destination pour bon nombre des touristes arrivant de la Nouvelle-Écosse au terminal du traversier (C) tout proche. « Il s’agit d’un secteur très spécial de l’île, nous explique-t-elle. Il est très joli et pittoresque… Il évoque davantage l’île authentique que les gens cherchent à découvrir. » Et d’ajouter en riant : « Nous pensons que notre charme insulaire est plus prononcé par ici. »

Le phare de 54 pieds est en effet très charmant. Il a été construit en 1876 à l’extrémité sud de l’Île-du-Prince-Édouard pour servir de signal lumineux pour les bateaux de pêcheurs et les autres navires circulant dans la région. Bev Stewart et ses collègues sont ravis de pouvoir vous montrer les 11 salles thématiques du musée primé du patrimoine.

On y trouve en particulier une salle sur la contrebande d’alcool, qui met en relief les dangers et l’excitation qui caractérisèrent la longue période de la Prohibition à l’Île-du-Prince-Édouard (1901–1948), et la salle du vaisseau fantôme, qui illustre, vidéo à l’appui, le mystère remontant à plus de deux siècles de cette goélette à trois mâts en feu qu’on apercevait souvent au large, ainsi que la cuisine du gardien du phare, qui date des années 1950. Au sommet de l’édifice, la salle de la lanterne offre une vue spectaculaire sur 360 degrés du détroit de Northumberland, du terminal du traversier et des paysages champêtres qui entourent le phare.

Après un repas délicieux de fruits de mer de l’île chez Crabby’s (D), directement sur le quai du traversier de Wood Island, les voyageurs peuvent se procurer des renseignements au centre moderne « Plough the Waves » (E), qui inclut bureau touristique, accès à Internet et magasin d’alcools, puis prendre à l’est le long de l’itinéraire de la promenade côtière de Points East (clairement signalée par un symbole d’étoile de mer bleue et orange). Notre premier arrêt s’est fait au parc provincial et à la page de Northumberland (F), qui est l’un des nombreux lieux de ce type dans l’est de l’Île-du-Prince-Édouard qui sont bien abrités, sans danger et relativement peu fréquentés. La sauveteuse Paige Hart nous dit que, quand il y a 100 personnes sur 1 km de plage, c’est « très occupé ». En temps normal, les touristes ont toute la plage à eux seuls.

Notre prochaine « destination obligée » était la cave vinicole de Rossignol Estate (G) à Little Sands, où aux vins de fruits traditionnels remarquables (bleuets, fraises, framboises) sont venus s’ajouter des vins rouges et des vins blancs primés. Nous avons essayé leur vin L’Acadie Blanc, dont le vinificateur adjoint Adam White nous dit qu’il a battu des millésimes de l’Ontario et de la Colombie-Britannique lors d’un récent concours de vins canadiens. Nous avons goûté un échantillon, qui nous a convaincus que les juges avaient eu raison, et nous avons acheté quelques bouteilles.

Nous avons poursuivi notre route le long de la promenade côtière, guidés par ces fréquents panneaux avec le symbole d’étoile de mer, pour nous rendre au coin sud-est de l’Île-du-Prince-Édouard et au phare de Cape Bear (A), construit en 1881 dans l’une des nombreuses criques accidentées qui font de cette région un endroit si unique et si pittoresque. Le phare, avec son petit musée, mérite vraiment le détour, mais il s’agit également du lieu de la station de radiotélégraphie Marconi, premier opérateur canadien à capter et à transmettre les signaux de détresse en provenance du Titanic ce soir fatal de 1912.

 La touriste de l’Ontario, Sue Fischer, nous a déclaré à Cape Bear : « C’est incroyable. Tous les coins de l’île sont accessibles très rapidement. » (Charlottetown n’est qu’à une heure.) Nous souhaitions cependant rester sur la côte est une journée de plus et avons réservé l’une des excellentes chambres d’hôtes de la région, à l’établissement Country Charm (H) de Murray Harbour.

Cette maison des aubergistes Joan et Glenn Saunders a son propre étang (avec des canots à rames) et de grandes pelouses, dans un endroit tranquille et reculé en pleine forêt. C’est un lieu idéal pour passer la nuit le long de la promenade côtière de Points East. Les chambres sont spacieuses et superbement meublées. Elles comprennent même des peignoirs de bain et la télévision par satellite. Le petit déjeuner « pour sauter le repas de midi » (« Nous voulons que vous ayez l’estomac bien rempli! ») est très original. Nous avons apprécié les œufs Cavendish, version adaptée par les Saunders des œufs à la bénédictine, avec une base de crêpes de pomme de terre.

Glenn Saunders est convaincu que l’extrémité est de l’Île-du-Prince-Édouard est un lieu idéal pour les vacances. « Le secteur est en gros encore inconnu, nous dit-il. Nous ne recevons pas une grande promotion comme des lieux tels que Cavendish, mais nous n’avons pas non plus le côté très touristique, avec des lieux qui grouillent de monde. Pour les voyageurs qui préfèrent une ambiance plus familiale et détendue, avec des villages pittoresques, de petits ports, une excellente nourriture, de belles randonnées et toutes sortes de plages naturelles sans danger, je ne vois pas de meilleur endroit. »

Pour notre deuxième journée, nous sommes tombés sur un artiste peignant un paysage tranquille à Murray Harbour (I), qui a renchéri sur ce que disait Glenn Saunders. Bill Rogers, originaire d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, dit qu’il adore les bateaux et les ports paisibles qu’il reproduit sur la toile. « Le secteur n’est pas du tout commercial. C’est donc idéal pour le genre de scènes que j’aime peindre. Je viens ici régulièrement. »

Au sortir de Murray Harbour (après avoir passé devant le restaurant Brehaut’s [J], célèbre auprès des habitants du coin pour ses laits frappés et sa chaudrée aux fruits de mer), nous nous sommes arrêtés au parc provincial et à la plage de Kings Castle (L), lieu idéal pour les familles avec enfants. Le parc offre non seulement une excellente plage en bord de rivière, mais aussi toute une panoplie d’équipement de jeu et de grands personnages aux couleurs vives éparpillés dans les bois : Dorothée du Magicien d’Oz, les trois petits cochons et, bien entendu, le grand méchant loup!

Les enfants et leurs parents pourront également s’amuser à quelques kilomètres à l’intérieur des terres, à Ben’s Lake (M), au bord de la route 24 près de Caledonia.

Les propriétaires ont deux grands étangs remplis de truite, l’un pour la pêche à la mouche (avec remise à l’eau des poissons capturés) et l’un où l’on peut garder les poissons qu’on attrape. (On paie à la livre.) Lors de notre séjour dans ce lieu, nous avons vu un jeune garçon de sept ans originaire de la Nouvelle-Écosse qui s’amusait comme un fou à tirer une splendide truite de trois livres.

Le village tranquille en bord de mer de Murray River (N), à moins de 10 km de Murray Harbour, est un lieu ravissant pour faire une pause le long de la promenade côtière de Points East, surtout parce qu’il propose des excursions en bateau avec Cruise Manada pour aller voir les phoques de la plus grande colonie de l’Île-du-Prince-Édouard (O). Il dispose également de magasins fascinants.

Cette petite communauté comporte un café, l’un des meilleurs magasins de souvenirs de l’île, Magik Dragon (P), le magasin Tales of the Riverbank (Q) avec un large stock de livres et de musique et le salon de crème glacée River Delight (R), qui propose 20 saveurs différentes.

Toutes ces attractions se trouvent le long de la rue principale. Les golfeurs seront intrigués par le terrain de golf Eagle’s View (S) à proximité, que beaucoup considèrent comme l’un des meilleurs terrains à neuf trous de l’île. Il comprend une caractéristique inhabituelle : un pont de 300 mètres.

Pour finir notre boucle autour des plans d’eau de Murray Harbour et de Murray River, nous avons visité la plage Poverty Beach (T), qui est une longue et étroite bande de sable donnant vue sur l’embouchure nord du port. Cette plage isolée n’est que peu fréquentée, mais est idéale pour les batteurs de grève ou l’observation des oiseaux.

C’est avec réticence que nous avons quitté ce secteur splendide et mal apprécié de l’Île-du-Prince-Édouard pour embarquer à bord du traversier de Northumberland et rentrer en Nouvelle-Écosse. Nous avons rencontré à ce moment-là Leon et Irene Falkovic, de Toronto. Ils venaient tout juste de visiter l’ensemble de l’île mais étaient, comme beaucoup d’autres, très impressionnés par la partie est. « Nous essayons d’éviter le tourisme commercial, nous ont-ils dit. Mais ce secteur est idéal pour nous. La nature est immaculée, le cadre est très pittoresque, avec d’excellents lieux de séjour, et les gens sont si sympathiques et toujours disposés à vous aider. Ces vacances ont été tout simplement idéales. Peut-être que nous devrions déménager ici! »

John et Sandra Nowlan sont des rédacteurs touristiques travaillant à la pige et basés à Halifax. Leurs articles sur la cuisine internationale ont paru dans de nombreux journaux et magazines au Canada et aux États-Unis. Les photos sont également des Nowlan.

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